mercredi 24 mai 2017

Le secret des liesses de Ton être


De quoi est faite la Création ? Qu'est-ce qui compose
la peau de l'univers, de l'homme, du lilas, de la rose ?

Où le silence trouve-t-il son repos, la béatitude
des anges sa cause, poids et mesures leur exactitude ?

Qu'est-ce qui transforme la sève en olives, fraises ou vignes
D'où vient la noblesse d'une âme d'admiration digne ?

Où l'hirondelle va-t-elle chercher ses voltiges ?
Les saisons, lune et soleil, qui les dirige ?

Et aux sauts de la grenouille quelle explication
du dauphin les cabrioles, de la gazelle les bonds ?

Quelle force meut les étoiles, conduit la course des planètes ?
Qu'est-ce qui fait émaner de terre la violette ?

Amen, le secret des liesses de Ton être tout court, intrinsèque
Et où trouver réponse meilleure Sire sans courir le risque d'échec ?

mardi 23 mai 2017

Au centre de la rosace Tu trônes

 

Sire, l'éternité n'est pas assez pour crier Tes merveilles
ni l'infini n'épuiserait les mots pour Te rendre grâce
et même dans toute son infatigable puissance le soleil
ne dit qu'une infime fraction, un détail de Ta rosace

L'humain esprit, il conçoit Ta gloire comme une ouverture
une issue du carcan mental, l'appel du large, du grand
du très haut, du noble, du spontané, du beau, du pur
bon air au bout de l'hiver un premier jour de printemps

Comme quand de David la pierre de fronde faisait tomber front contre terre
Goliath grand arrogant dans un fracas de craquements terrible
Comme quand Tu ressuscitas, ou encore quand le père Noé sur la mer
a vu la colombe revenir un rameau d'olivier dans son bec, paisible

Au centre de la rosace Tu trônes
sur un saphir posé sur rubis
Tout autour à l'infini des psaumes
des cris d'alléluias sans répit

Tes longs rayons élargissent mon esprit
assoiffé Sire de mieux Te connaître
Tu tournes la roue, Tu fais ma vie
sans cesse me fais naître et renaître

lundi 22 mai 2017

L'heure est à Sion

Combien de jours, d'heures, de minutes, de secondes
encore Sire avant que Tu n'inondes le monde ?

Vois, Ta Terre est dévastée, l'âme de l'homme un terrain vague
habité par des asticots - son futur un mauvais gag

La Terre souffre, elle meurt assoiffée de pluies grasses, de manne, de graines
de grâce, depuis trop longtemps privée de Tes faridondaines

Ouvre Majesté les écluses de l'abondance
selon les lois heureuses de Ta providence

Troue les nuées, sidère et séduit, emporte le morceau
entonne Ton chant grave et calme ici-bas ô Très-Haut

Les arbres se tourneront vers Toi, les collines bondiront
Le Léviathan retient son souffle - l'heure est à Sion

dimanche 21 mai 2017

Ta bonté providentielle

 
Sire, j'ouvre la bouche et les mots sortent d'eux-mêmes
le cœur se dilate, l'esprit se réjouit, l'âme
trouve la raison, la louange vole vers les nues

De l'homme Tu exiges le meilleur, comme un père qui aime
ses enfants Tu pousses au dépassement et réclames
Ton dû, de Ton existence une conscience suraigüe

Quel que soit le chemin que Tu me fais parcourir
seul Ta bonté providentielle en pave les détours
obstacles, effondrements, les pentes glissantes

Réponds-je à Tes attentes, comble-je Tes espoirs Sire ?
Je fais ce pourquoi Tu m'as désirée, j'amène le jour ?
Reçois mes peines Seigneur même bien trop insuffisantes

samedi 20 mai 2017

Sire, bats le tambour


Sire, bats le tambour, frappe la grosse caisse
casse la Camarde, chasse les têtes de mort
Danse, vole, toupille encore et encore
fais-moi sentir Sire l'ivresse de Ta liesse

Que je boive à la source comme le cerf assoiffé
va au ruisseau, désaltéré remonte au pré vert
Que le zéphyr de Ton doux souffle fort chauffe, éclaire
ma pauvre âme de ses rayons, ôte mes cécités

Ruisseau galope sur les galets
truite y va, vire, saute et s'amuse
l'odeur du jasmin s'y diffuse
vent branle la clochette du muguet

Nous nous promenons au Jardin du Royaume
je marche à Ta droite et les chants des piafs
le brame des cerfs, le cri des biches que l'amour assoiffe
jubilent comme quand David composait ses psaumes

Silence couronne notre promenade, je Te vois sourire
Tu me tends la main, à la clairière nous nous asseyons
Temps a disparu, le soleil des anges verse ses rayons
les cabrioles des astres, leurs conversations nous font rire

vendredi 19 mai 2017

Majesté, à Toi la meilleure part de nos vendanges


Que reste-t-il à célébrer, bénir, à glorifier en ce monde
déréalisé évanoui dissout dans des ténèbres
intériorisées sinon la lumière Sire de Ton verbe, de Ton nom ?

Mes lèvres se risqueraient à dire les bas faits de cet æon
ses mille exploits maniaques qui sont tout autant de viols funèbres
du mystère de la Création, de prouesses nauséabondes ?

Moi je chante ce qui ne meurt pas, ma louange vole vers l'Inébranlable
j'encense l'Immuable, mon éloge, mon chant s'adresse au Persistant
ma bouche s'incline que devant le Régulier, le Rocher de l'Alliance

Qu'est ce monde ici-bas à part le terrain de jeu de son prince pulvérulence
sans vêtements sans esprit sans sève sans chair, du toc, des tics, le faux du clinquant
fait pour illusionner les pauvres gens livrés à sa fringale abominable ?

Seigneur, seul Ton nom est digne de louange
le brouillard se dissipe, claire, une hiérarchie
se profile propre à l'âme encore vivante

Toi seul mérite notre amour, nos peines mordantes
Nos efforts ne se trouvent qu'en Ton sein de gloire aboutis
Majesté, à Toi la meilleure part de nos vendanges

jeudi 18 mai 2017

L'axe de Ton aube


Sire, Ta bonté surplombe les cieux et la terre, les berce
de sa justice comme dans mon âme Ton esprit Tu verses

Sans Ton souffle que serais-je ? Un réflexe, une machine crétine
un agrégat de chair plus glutineux que de la gélatine

Je ne connaîtrais pas la jouissance ni la douleur, un machin neutre
une poule sans tête mon âme serait, sans sel, Dieu m'en préserve, sans risque, pleutre

Au moins je sais l'axe de Ton aube, les enjeux de la Création
je vois Tes mains diriger les nuées, battre les quatre saisons

Mes yeux voient - pas autistes pour un sou mes oreilles
Ton amour me comble comme le vin de champagne remplit la bouteille