jeudi 22 juin 2017

Le Seigneur est pure chance


Partout résonne la voix des prédicateurs de la mort
Leur tintamarre obscurcit le ciel, la terre s'empoisonne
Billevesées bricolées pour gâter l'œil, l'ouïe, neurones
pour tuer la joie, entraver du Très-Haut les accords

Moi je chante Ses merveilles, nulle acédie ne m'entrave
d'amertume, de mélancolie - d'absence d'âme je me sais guérie
La mort n'existe pas, l'Éternel seul est, Créateur de vie
infinie - Amen est Son nom, de mes fautes Il me lave

Mon Seigneur Se penche vers moi, Il m'aime et me protège
Son amour juste veille, Son ciel s'élève dans mon âme
bleu la plupart du temps, perle parfois, noir, rose flamme
l'Éternel m'accorde Sa voix, loi et privilège

Que rôde le mal autour de moi je n'en ai cure
La claire conscience de Toi Éternel immunise
contre le poison des sermonnaires, neutralise
leurs boules puantes flèches pièges balles silences impurs

Les mots se fendent, le Verbe respire à pleins poumons, lance
au pied de l'arbre de vie ses eaux en quatre dimensions
J'avance, l'esprit au sec, Il me précède, me donne Ses dons
le Seigneur est pure chance, calme, luxe, volupté, pure puissance

mercredi 21 juin 2017

Ton sourire déchire


Majesté, Te rendre grâce c'est bondir hors du rang des meurtriers
c'est briser le cercle des imposteurs, se dégager des fourbes
c'est dépasser ses propres vices, tares, idioties, couardises

Chez Toi rien de tordu, d'ambigu, de louche obscur, de ringardise
D'abord Tu es beau, Ton sourire déchire - Tu désembourbes
de la succion des sables mouvants Sire rien qu'à Te voir - instantané

Chevilles fines, torrents de boucles dévalent sur nuque et épaules
Le ciel a élu domicile dans Tes prunelles, calmes les gestes
puissantes mains plient pétrissent sculptent créent distribuent du bon air

Te découvrir c'est bondir hors du rang des sicaires
l'œil jouit, l'ouïe rit - entendre Ton verbe céleste
Majesté c'est se libérer de sa propre geôle

mardi 20 juin 2017

Mon Seigneur Tu fais mon bonheur


Oui Sire, je vais loin, jusqu'au bout, jusqu'à Toi, sans retour
Que brûlent mes vaisseaux - à quoi bon revenir sur ces pas
quand on a goûté à Tes délices, fraîcheur et éclat
senti à l'ombre Ton amour accourir au secours ?

Pourquoi remplir les minutes avec autre chose que Ton élixir
quand celui-ci seul étanche la soif, donne envie d'avenir, d'aimer
d'espérer avec raison ? Mon âme veut en ce monde l'éternité
que Toi seul apportes - hors de Toi qui, quoi peut satisfaire ce désir ?

Je ne perds pas mon temps ni ne rase les murs
libres mes pieds, œil ferme, insaisissables
mes pensées, à l'ordinaire imperméables
puisque sans cesse Ton verbe en ma tête murmure

Avec Toi je vais au bout de la possibilité humaine
et même au-delà Te rencontre, me fortifie de Ta grandeur
plus qu'hier et bien moins que demain - mon Seigneur Tu fais mon bonheur
Si Toi Tu es un Roi, moi Sire j'aimerais être pour Toi une reine

lundi 19 juin 2017

Ton souffle murmure le monde

Gerard Dou

Sans Toi Sire la vie serait d'un ennui mortel
ou plutôt une prison, un absurde carcan, geôle
néant perdu telle une terre privée de son ciel
dépouillée de sa flore, spoliée de ses pôles

Dieu merci Tu es là pour donner du sens
L'ombre de Ton or Te montre, je Te vois
partout à l'œuvre, de l'univers le Roi
mon Créateur ennemi de l'ennui rance

Tous ces écrivains à qui Tu as inspiré leur univers
ces poètes et ces artistes secrètement aiguillonnés Sire
ou ouvertement influencés, pénétrés de Ton mystère
Quelle merveille que d'être leur complice, de pouvoir en jouir

Le tic-tac spleenétique se fait oublier, l'esprit s'amuse, s'instruit
des drôleries de ce bas monde oint de Ton huile en toute circonstance
détail coïncidence hasard providence chance malchance insouciance
aventure - Poète Tu es, imprévisible, inouïe poésie

De Tokyo à Paris du Cap à la Laponie Ton souffle murmure le monde
joue avec les éléments telle sur son nez l'otarie fait tourner la baballe
Onde est le monde lancé par Ta bouche, paradis, jardin, Création féconde
Le Verbe parle, qui voudrait le contrer ? Il chasse le létal total banal

dimanche 18 juin 2017

Amen Sire, révèle-Toi


Quand les pensées volent vers Toi Sire les mots trouvent leur chemin
Qu'il vente qu'il pleuve source coule, feu brûle, souffle sur la terre
Paix aux hommes de bonne volonté, pour eux va cette prière
Amen Sire, révèle-Toi, parle, console l'affligé - viens !

Ringardise le vieux monde comateux, montre ce qu'est la puissance
de la beauté, de l'intelligence donne la démonstration, la preuve
de la force de l'esprit à l'œuvre, le propre de Tes grâces, celles qui meuvent
le cœur de l'homme comme elles dictent aux orbites des astres leur jouissance

L'homme n'est-il pas un pont entre la terre et le ciel
le médiateur, l'axe unificateur du haut
et du bas, d'hier et de demain, du froid du chaud
le vase rempli d'ambroisie, champagne et miel ?

L'homme est un roi, un prêtre, un prophète
dès sa naissance baptisé par Tes eaux
Le nier c'est insulter le Très-Haut
car Son image l'humain la reflète

samedi 17 juin 2017

Mon Rocher s'appelle l'Éternel


Deux Anges se tiennent au-dessus de ma couche
et me sourient, déploient leurs bras. Calmes
leurs grâces se répandent nuit et jour, chassent les mouches
qui voudraient troubler ma paix de leurs vacarmes

J'ignore leurs noms, sont-ce saint Michel et sainte Jeanne ?
De leur épée personne ne s'empare, leur bouclier
me protège, je ne crains rien, mon Rocher
s'appelle l'Éternel que mon esprit et ma bouche acclament

Les deux Anges tendent un voile, un dais couvre ma vie
mon autel est à l'abri, lambrequins, festons, le ciel
me pistonne, la Providence veille, me prête Ses ailes
je ne manque de rien, le Seigneur est avec moi, ravi

vendredi 16 juin 2017

Le sang versé pour Toi fonde ce qui dure


Tous ces saints et ces saintes livrés aux bêtes, aux fers, à la guillotine
au bûcher, noyés, meurtris, crucifiés, décapités, éviscérés
vingt siècles durant Sire en Ton nom, battus, brisés, décollés, lapidés
...la mesure n'est-elle pas comble ? Combien de héros encore, d'héroïnes ?

Je sais Seigneur, le sang versé pour Toi fonde ce qui dure
les briques du Royaume sont cuites avec les larmes des martyrs
Mais le Palais des Noces que sur terre ils ont voulu construire
à présent n'est-il pas fini ? L'heure de son ouverture mûre ?

Fondations indestructibles, clochetons trônent, avenues larges
déroulent leurs rubans rubis sous l'émeraude royal des arbres
Fontaines de jaspe déversent leurs eaux diamantines sur les marbres
Majesté, l'ouvrage est terminé, jusqu'aux plus intimes marges

La Ville sainte est prête, veut ouvrir ses portes à Tes invités de noces
Une myriade de saints parés pour accueillir Tes pèlerins s'impatiente
de les orienter à travers le Jardin labyrinthe de Tes dix-mille tentes
Porches, parvis Te prient de les faire entrer en masse, en chair et en os