mercredi 26 juillet 2017

Tes mains sèment d'Éden les grâces


Sire, une fois de plus bouche veut Te louer en rimes opiniâtres
et chaque nouvelle fois est une première fois d'élan, d'émotion
d'adoration - frais les mots, innocents, francs, novices, sans théâtre

Ce qui est grand avec Toi Sire c'est que Tu es inépuisable son
cui-cui de poussin, éruption de lis, de pléiades d'étoiles, le choc
des bois de cerfs, son craquement, le vol du bourdon

Tu vas plus vite que la lumière, nul espace-temps ne bloque
Ton action, Tu agis de l'intérieur avant même
le résultat que Ta miséricorde provoque

Le juste, le beau, le bien, Tes mains sèment
d'Éden les grâces, du Paradis les gemmes

mardi 25 juillet 2017

Dans l'œil de l'Éternel


Sire, quand je pense à Toi - et je pense à Toi tout le temps
je vois une hirondelle cliver le ciel, une pivoine qui
explose, la source d'un cours d'eau, quelque chose de hardi
novateur, une flèche gothique par exemple dans le vent

Certes, en amont Tu es la Toute-Possibilité, l'Infini, l'Éternel
de si grands mots pour saisir Ton être non-analysable - pourtant sur la Terre
ils se traduisent bien en coquelicots, humble herbe, anémones, en porphyre
arbre de Judée pourpre au printemps, ils colorent des bêtes à bon Dieu les ailes

Le ciel insuffle la terre, la terre concrétise le désir du ciel
et naissent boutons d'or hyacinthes tulipes nés dans un temps un espace
à rotation spiralée appelé Éden - deux perroquets qui s'entrelacent
et qui se balancent ne naissent-ils pas d'abord dans l'œil de l'Éternel ?

lundi 24 juillet 2017

Selon l'amen de Son esprit l'Éternel a agi


Le Très-Haut a formé Adam et Ève selon la nature du Paradis
Par les narines Il leur a insufflé Son propre esprit, tout Son infini

L'homme et la femme ont été modelés d'après les lois d'Éden
Ils n'ont pas été conçus d'après les principes de la géhenne

Le Créateur est bonté, poète, densité légère Son empire
miséricordieux Son joug, Son fardeau malicieux, beau, juste désir

L'Éternel dans Sa vie d'homme sur la terre a vaincu la mort
sauvé Sa créature du plus abominable des sorts

Le Seigneur a agi selon la nature du Paradis
selon l'amen de Son esprit l'Éternel a agi

dimanche 23 juillet 2017

L'âme est faite d'or


Sire, plus je m'approche de Toi
plus Tu T'avances vers moi, Tu
Te donnes, Tu Te dévoiles

Ou plutôt, moins je bloque Tes spirales
plus Ta lumière parvient à ma vue
plus fort en mon esprit Tes prés verdoient

Le plomb au fur et à mesure, vaille que vaille
à coups de chutes et de remontées se transmue
corps et esprit en feu divin car l'âme est faite d'or

La vie que Tu donnes sert à réussir la transmutation
du lourd toxique en lumière, du charbon au diamant
tel fleuve depuis sa source qui méandre vers l'océan

Tu as demandé de faire chanter, jouir les talents
reçus du ciel - plus je m'y oblige Sire, franc
de cœur Tu Te révèles Roi de la Création

samedi 22 juillet 2017

Parce que Dieu est éternel je le suis moi aussi


Parce que Dieu est éternel je le suis moi aussi
À Son image je fus créée, par Son principe
mon âme existe, j'ai une conscience, j'ai un esprit
une tête, une paire d'yeux, quatre membres, un cœur, des tripes

Ah voilà un quatrain simple et vrai, facile à comprendre
De la raison l'horizon vertical s'allonge, se réjouit
Finis les geôles cachots taules chaînes jougs carcans tutelles impies
que l'ineptie, la mauvaise foi, l'absence à soi engendrent

Sire, est-ce trop hardi de penser ainsi ?
Il y a bien un pont entre Toi et moi
À Ta ressemblance je suis faite de joie
je partage le fort de Ton infini

Le ciel et la terre, ne les as-Tu pas concentrés dans le cœur de l'homme
et versé là-dessus Ton âme en liesse, les grâces de Ton immense gloire ?
Toutes ces bonnes choses mises en place par les Anges, que je les nomme
Jardin des Délices, Royaume, Paradis, luxe, calme, volupté, victoire ?

vendredi 21 juillet 2017

Suspendue par les vents de Tes propres ailes


Sire, plus je m'enfonce en Toi plus je me sérénise
contours se précisent, courbes séduisent, atmosphères
limpides, respirables, entendements purs, couleurs
densités délectables, succulences et longues vues

Il s'agit de se dilater sous l'action transmise
par ? par quoi ? par l'Esprit qui opère
hors espace-temps, qui souffle Son heur
comme Il veut, direct, sans retenu

L'âme - antenne à capter Ses ondes impalpables
hors matière hors poussière hors mesure hors sensitif
les commuent en intellect, conscience raisonnée
les transforme en chair et en os, en racines au ciel

Le Saint-Esprit donne forme, corps, substance stable
véhiculés par les Anges toujours actifs
Sire, plus je plonge en Toi plus Tu me fais planer
suspendue par les vents de Tes propres ailes

jeudi 20 juillet 2017

Dieu miséricorde, l'Éternel


Sire, fais-moi dire Ton indicible avec des mots aisés
Ne m'en as-Tu pas donné le talent ? À l'invisible
donner contours, une lisibilité ? À l'impossible
procurer les moyens sûrs de se faire possibilité ?

Une flûte dans les roseaux, passe une carpe, sur les hampes
pléiades de piafs bruyants volent de tige en tige
Lis d'or fleurissent, grenouilles sautent, hérons se figent
les ailes du brun moulin, l'herbe que la rosée trempe

Qui en est le Metteur-en-scène silencieux, subtil, indiscernable
qui a allumé les lampes pour éclairer les tableaux de la Création
qui dirige des figurants les rôles, la distribution ?
N'est-ce pas Dieu miséricorde, l'Éternel, l'Essence non-analysable ?

Vent se laisse-t-il enfermer ? âme et esprit serrer dans une fiole ?
Volcan au loin crache, envols de grues, vert fluo, le buffle
à l'écart dans les bambous remue le sol avec son mufle
cris perçants, cocos, toucans, paresseux, serpents, lianes molles